Dossiers Énergies renouvelables

Panorama du solaire photovoltaïque dans le monde en 2025

Table des matières

Le solaire photovoltaïque s’impose progressivement comme l’une des principales énergies renouvelables de la transition énergétique mondiale, mais son déploiement est encore loin d’être homogène.    

En 2025, l’expansion du photovoltaïque est marquée par des dynamiques spécifiques à chaque région. De l’Amérique du Nord, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, à l’Asie centrale et du Sud-Est, en passant par les pays d’Europe, l’Inde, la région MENA ou encore l’Afrique, les trajectoires divergent considérablement. 

Quelle est la place du solaire photovoltaïque sur le planisphère mondial ? Quelles  sont les dynamiques en jeu dans chaque zone géographique et quels obstacles ou opportunités façonnent leur développement respectif ? 

La Chine : leader photovoltaïque et n° 1 mondial

Résolument engagée depuis les années 2010 dans le développement de l’énergie photovoltaïque, la Chine a massivement investi pour développer ses propres capacités et imposer son industrie solaire au reste du monde. 

  • Encore très dépendant du charbon, le pays s’est fixé des objectifs climatiques ambitieux : stabilisation des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et neutralité carbone totale en 2060. 
  • En 2024, La Chine a installé 277 GW de capacité solaire et 80 GW d’éolien, plus que toutes les capacités électriques installées en Europe ! 
  • La capacité totale installée chinoise est désormais de 887 GW en solaire et de 521 GW en éolien. Le pays a d’ores et déjà dépassé l’objectif ENR de 2030 fixé par Xi Jinping, qui était de 1200 GW. 

Ces dernières années, la mainmise chinoise sur la chaîne de valeur photovoltaïque (approvisionnement en polysilicium, fabrications des modules, etc…) suscite des inquiétudes croissantes. Si Pékin vise l’autosuffisance énergétique et une transition rapide vers les énergies renouvelables, les politiques protectionnistes adoptées à son encontre (comme en Inde et en Europe) pourraient bien redessiner les équilibres futurs.

Aux États-Unis, le « Drill, baby, drill », au détriment du solaire ? 

Longtemps limité à la Californie, le solaire photovoltaïque américain a amorcé un virage spectaculaire sous Joe Biden en 2022, avec l’adoption de l’Inflation Reduction Act (IRA)

  • Cette stratégie de relocalisation, soutenue par des incitations fiscales massives, visait à réduire la dépendance du pays vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement 80 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Plus de 30 groupes industriels se sont installés aux Etats-Unis, et la production de panneaux a été multipliée par 4 en trois ans.
  • L’IRA a permis des investissements massifs (380 milliards de dollars, dont 114 milliards pour le solaire) avec un objectif clair : réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. 

Le pays occupe aujourd’hui la deuxième place mondiale en matière de déploiement photovoltaïque, et la troisième en tant que producteur. 30 GW de capacité solaire ont été installés en 2024. Le Golden State (Californie) est de loin le premier État en termes de capacité installée, suivi de près par le Texas, puis par la Floride, la Caroline du Nord, l’Arizona, le Nevada et la Géorgie. 

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche risque-t-il d’enrayer la machine ? 

  • Dès sa prise de fonction, le président républicain a signé un nouveau décret, «Unleashing American Energy», axé sur la déréglementation et la promotion des énergies fossiles. 
  • La nouvelle administration a annoncé la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris et s’attaque déjà à détricoter les avancées environnementales obtenues sous son prédécesseur. 

Si le premier mandat Trump n’avait pas freiné l’essor du solaire, la rhétorique climatosceptique du nouveau président et sa volonté affichée de réduire les incitations fiscales aux énergies renouvelables pourraient modifier la dynamique actuelle. Toutefois, même au sein du camp républicain, des voix s’élèvent pour préserver ces mesures, tant elles sont devenues essentielles à la compétitivité industrielle américaine. Le pays se heurte aussi à des difficultés en termes de raccordement au réseau électrique, avec des délais qui peuvent aller jusqu’à 7 ans dans certaines régions !  La nouvelle trajectoire américaine demeure donc incertaine. 

Amérique du Nord : quid du Canada et du Mexique ? 

De son côté, le Canada reste à la traîne en matière de solaire (5 GW de capacité totale installée), avec une production d’énergie dominée historiquement par l’hydroélectricité. Cependant, le pays accélère avec 314 MW de nouvelles capacités solaires installées en 2024

  • Plusieurs provinces mettent en place des incitations, comme l’Alberta Solar Incentive Program, qui profite d’un marché de l’électricité libéralisé, ou les programmes d’autoconsommation en Ontario et au Québec
  • Si les ambitions canadiennes restent modestes par rapport à son voisin du sud, la tendance est à l’accélération.

À l’inverse, le Mexique, pourtant pionnier dans les années 2010, a vu son essor s’interrompre sous la présidence d’Andrés Manuel López Obrador, qui a résolument privilégié les énergies fossiles.

Amérique latine : un futur géant du photovoltaïque

L’Amérique latine dispose d’un potentiel immense pour les énergies renouvelables. L’hydroélectricité compte pour 63 % de sa production électrique, et le charbon ne représente qu’un faible pourcentage (5%) de son mix énergétique, contre 25% en moyenne dans le reste du monde ! Un avantage certain en termes de transition verte ! 

Les bouleversements induits par le réchauffement climatique poussent cependant les pays à diversifier leur mix énergétique. D’après certaines estimations, 319 GW de projets EnR pourraient être lancés en Amérique du Sud d’ici 2030.

Brésil

Le Brésil, premier marché solaire du continent, a mis en place dès 2012 une législation favorable aux EnR et de nombreuses exonérations fiscales. Toutefois, l’essor rapide du photovoltaïque a entraîné une saturation du réseau et une hausse des tarifs de transport d’électricité.

  • Le développement repose désormais en grande partie sur les Power Purchase Agreements (PPA), qui couvrent 99 % des projets solaires en cours
  • Le nouveau président, Luiz Inacio Lula da Silva, a d’ores et déjà annoncé 217 GW de nouvelles capacités EnR (solaire et éolien) pour 2030.  

Chili

De son côté, le Chili est devenu un véritable eldorado du solaire. Le désert d’Atacama, avec ses 4 000 heures d’ensoleillement par an et le plus haut taux d’irradiation au monde (3.383 kWh/m2/an) voit fleurir les parcs photovoltaïques qui remplacent peu à peu les concessions minières. 

  • Avec 9 GW installés en 2024, le solaire est devenu la première source de production électrique du pays. L’éolien et le solaire représentent 37% de son mix énergétique. L’objectif est d’atteindre 100% d’énergie verte d’ici 2040.

Pour compenser les faiblesses de son réseau, le Chili investit massivement dans les batteries et l’hydrogène vert pour stocker et redistribuer l’énergie. 

Autres marchés

D’autres pays émergent progressivement sur le marché solaire, à l’image de l’Argentine, de la Colombie et du Pérou. La dynamique de ces marchés est néanmoins entravée par des incertitudes politiques et économiques. En Argentine, la dérégulation imposée par Javier Miel et l’instabilité du secteur bancaire sont des freins de taille, tandis que les soubresauts politiques au Nicaragua, au Vénézuela ou plus récemment au Pérou inquiètent les investisseurs. 

Enfin, des pays comme Cuba, avec son premier parc solaire de 21,8 MW, montrent un intérêt croissant pour le photovoltaïque, bien que leurs ambitions restent limitées par des capacités d’investissement restreintes.

Europe : une croissance rapide mais des défis persistants

En 2024, l’UE a installé plus de 65 GW de capacité ENR, un record d’installation pour la 8e année consécutive, ce qui porte la capacité photovoltaïque totale de l’Union Européenne à 338 GW début 2025. 

Le solaire, qui a représenté 11 % de la production électrique de l’UE, a pour la première fois dépassé le charbon dans le mix énergétique européen. En dépit d’un léger ralentissement, les prévisions sont optimistes. Si les États membres continuent leurs efforts, l’objectif du plan RePowerEu d’arriver à 750 GW de capacité solaire en 2050 devrait être atteint.

Pour ce faire, l’Union européenne a mis en place une stratégie ambitieuse :

  • Accélérer le déploiement du photovoltaïque en simplifiant les procédures administratives.
  • Renforcer la souveraineté industrielle en développant une chaîne de valeur européenne pour la fabrication des panneaux et batteries. 
  • Améliorer la flexibilité du réseau et renforcer les infrastructures de stockage pour limiter l’impact des surplus de production. Le phénomène des heures à prix négatifs doit être urgemment adressé, peut-être via une refonte des dispositifs de soutien (tarifs garantis, complément de rémunération).

Le solaire photovoltaïque en France

La France affiche une excellente dynamique en termes de chiffres, avec un nouveau record en 2024 : les EnR ont représenté 27% de la production totale d’électricité. 

  • Le pays a raccordé 6 GW d’ENR, dont plus de 5 GW de capacité photovoltaïque. La capacité totale installée a dépassé les 22 GW.
  • Le solaire représente désormais 4,3 % du mix électrique national.  
  • Cette croissance est portée par l’essor des installations sur moyennes et grandes toitures et dans le secteur résidentiel, avec une forte hausse de l’autoconsommation. 

En dépit de ces excellents résultats, la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), qui devrait être officialisée en avril, a légèrement diminué les objectifs solaires :  65-90 GWc en 2035, contre 75-100 GWc dans la version précédente. 

S’ajoute à cela un projet très critiqué de réduction du soutien aux installations de petite et moyenne taille (segment S21, soit <500 kWc), que beaucoup perçoivent déjà comme un moratoire déguisé. Pour rappel, le nucléaire décarboné reste majoritaire en France et compte pour 65% du mix énergétique. 

L’Allemagne, champion des renouvelables

L’Allemagne, avec 88,4 GW de capacité solaire début 2025, reste le leader européen des énergies renouvelables. Depuis la sortie définitive du nucléaire en 2023, le pays a misé sur le solaire et l’éolien, qui ont couvert près de 60 % de sa production électrique en 2024.

Cependant, la transition énergétique allemande rencontre plusieurs obstacles :

  • Saturation du réseau électrique, avec un déficit d’infrastructures pour transporter l’énergie du nord (éolien) vers le sud.
  • Dépendance aux importations en hiver, nécessitant l’achat d’électricité nucléaire française et de charbon polonais.
  • Tensions budgétaires, alors que les investissements nécessaires au développement du stockage et des réseaux sont de plus en plus nécessaires.

Avec l’implosion du gouvernement Scholz, l’avenir du mix énergétique allemand reste incertain, même si un retour au nucléaire semble très peu probable.

Pays méditerranéens (Espagne, Italie, Portugal)

En Espagne, la capacité solaire a atteint 35 GW en 2024, dépassant l’Italie, et devrait dépasser 50 GW en 2026. Le pays, comme ses voisins méditerranéens, bénéficie de conditions idéales et se positionne clairement comme un acteur clé du photovoltaïque en Europe. Il devrait construire 32 GW de nouvelles capacités (principalement au sol) d’ici 2028. 

Le Portugal, de son côté, prévoit d’inaugurer prochainement la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe et la 5ème au monde, à Santiago do Cacém. La méga-centrale, avec ses 1200 MWc, doit couvrir les besoins en électricité de deux fois la ville de Porto. 

L’Italie, plus réticente aux projets au sol, privilégie pour l’instant les installations en toiture.

Europe de l’Est : un marché en pleine expansion

Nouveaux venus sur le marché du photovoltaïque, L’Europe de l’Est connaît une croissance spectaculaire, portée par une volonté d’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et la nécessité de réduire sa dépendance au combustibles fossiles. 

  • La Pologne et la Hongrie figurent déjà dans le top 10 européen, tandis que la République tchèque, la Roumanie et la Bulgarie ont franchi la barre du gigawatt installé en 2023.

Les politiques de soutien, la baisse des coûts et l’essor de l’autoconsommation accélèrent la transition, même si des défis subsistent, notamment le renforcement des réseaux, les délais de raccordement et le développement de capacités de stockage.

Le futur « Corridor Vert » d’Asie centrale

En Asie centrale, une immense région qui regroupe le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan, le déploiement des ENR reste encore limité. La région dispose pourtant d’un fort potentiel en énergies renouvelables, mais des réglementations floues et changeantes, l’absence de subventions, d’avantages fiscaux et d’agences gouvernementales dédiées freinent leur développement.

  • Le Kazakhstan se positionne comme le leader régional, avec le plus grand potentiel solaire de la région. Il a été le premier à mettre en place un cadre réglementaire pour les énergies renouvelables, bien que les progrès aient été lents. Lors de la COP29, le Kazakhstan a signé des contrats de plusieurs milliards de dollars pour accélérer son virage vers les énergies vertes. 
  • L’Ouzbékistan, de son côté, affiche une volonté de transition, mais peine à mettre en place une approche systématique. Après une série d’échecs, le pays a relancé la construction de petites centrales solaires en 2021. Le gouvernement s’est fixé pour objectif 25 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030, en misant sur le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité.

Face à ces défis, un nouveau modèle de coopération régionale semble émerger. 

  • En février 2025, un accord historique a été signé entre l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. L’idée est de créer un corridor vert entre le Caucase et les pays d’Asie centrale pour renforcer la sécurité énergétique de la région et faciliter l’exportation d’énergie verte vers l’Europe et d’autres marchés. 
  • Outre le solaire, la mer Caspienne est identifiée comme une zone à fort potentiel pour l’éolien offshore, et ce projet pourrait faire de la région la deuxième zone de production d’énergie verte après la mer du Nord.
  • Ce corridor s’inscrit dans un projet commercial plus vaste : la mise en place d’un axe de transport international transcaspien (RTIT), une nouvelle route commerciale reliant l’Europe à l’Asie centrale en contournant la Russie. L’Union européenne s’est engagée à investir 10 milliards d’euros pour soutenir le développement de cet axe stratégique.

La révolution solaire indienne : un géant en pleine ascension 

Avec un taux d’irradiation 25% plus élevé et un facteur de charge solaire deux fois supérieur à celui de la France, le  pays le plus peuplé du monde se classe n°1 des territoires au plus fort potentiel photovoltaïque, devant les États-Unis.  

Depuis le lancement de la Jawaharlal Nehru National Solar Mission en 2008, l’Inde a connu un véritable boom du solaire. 

  • Le pays a dépassé les 100 GW de capacité solaire installée début 2025, grâce à des subventions massives pour le solaire résidentiel, des appels d’offres pour de grandes centrales et des projets ambitieux pour aider à l’électrification rurale. 
  • Le premier ministre indien, Narendra Modi, encourage le développement de méga-centrales solaires dans plusieurs États comme le Rajasthan ou le Gujarat. 
  • Le pays est en train de construire la plus grande centrale solaire au monde, la centrale Khavda d’Adani Green Energy. Avec 60 millions de panneaux et 770 éoliennes prévus, la production de cette centrale devrait atteindre 30 GW en 2029.

L’objectif du gouvernement est d’installer 500 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030 (dont 300 GW pour le seul photovoltaïque) pour couvrir la moitié des besoins électriques du pays. 

L’Inde adopte également une politique protectionniste pour réduire sa dépendance aux équipements chinois : 

  • A partir de 2026, seuls des panneaux fabriqués localement pourront être utilisés, alors qu’actuellement 70 % des équipements solaires proviennent de Chine, du Vietnam et de la Malaisie
  • Cette stratégie vise à stimuler une industrie solaire nationale, avec une capacité de production de panneaux qui pourrait atteindre 95 GW dès fin 2025.  

Malgré ces efforts, la demande en charbon ne cesse de croître pour répondre aux besoins d’une économie en plein essor et d’un réseau électrique beaucoup trop fragile. Le pays a besoin d’investissements pour moderniser ses infrastructures et atteindre la neutralité carbone en 2070.

La difficile transition des pays d’Asie du Sud-Est

Comme l’Inde, l’Asie du Sud-Est est une région en pleine croissance. Alors que ses pays amorcent timidement la transition vers les énergies renouvelables, le charbon représente toujours plus de la moitié de son mix énergétique

Plusieurs pays – Vietnam, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Malaisie – se sont engagés en signant le Global Coal to Clean Power Transition Statement en 2021. Mais avec un parc de centrales à charbon relativement jeune (13 ans en moyenne contre 30-40 ans ailleurs), leur retrait reste un défi majeur. 

Si la transition est soutenue par des investissements massifs et des politiques incitatives, les énergies renouvelables devraient représenter 65 % du mix énergétique de l’Asie du Sud-Est en 2050, contre 20 % début 2025.

  • Le Vietnam fait figure de leader régional. Grâce à des tarifs de rachat garantis et une politique d’incitations fiscales qui ont stimulé les investissements privés, le pays a installé près de 20 GW de capacité solaire en un temps record. Toutefois, des défis subsistent, notamment des infrastructures électriques inadaptées et un déséquilibre entre le nord et le sud du pays. 
  • L’Indonésie mise quant à elle sur le solaire flottant, l’éolien offshore et la géothermie, comme les Philippines
  • La Thaïlande prévoit d’installer 15,6 GW d’énergie solaire d’ici 2035, et la Malaisie vise 70 % d’énergies renouvelables dans son mix d’ici 2050.

Malgré ces ambitions, plusieurs obstacles freinent la transition : lenteurs administratives, incertitudes réglementaires, coûts élevés des projets et infrastructures électriques insuffisantes. La région collabore avec des institutions comme la Banque asiatique de développement et l’Agence internationale de l’énergie pour accélérer les financements et moderniser les réseaux électriques. Une coordination régionale renforcée, notamment via l’ASEAN Power Grid, pourrait jouer un rôle clé.

Australie : bientôt une superpuissance solaire ? 

L’Australie connaît une adoption massive du photovoltaïque, notamment dans le secteur résidentiel, où le taux d’équipement est l’un des plus élevés au monde. Cette croissance est également portée par le développement de grandes centrales solaires, en particulier dans les États de Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et Queensland. 

  • L’expansion du photovoltaïque se heurte, comme partout dans le monde, à des problématiques de réseaux et au manque de solutions de stockage. 
  • L’Australie reste d’ailleurs l’un des plus gros exportateurs d’énergie fossile au monde et sa production électrique repose toujours à 47% sur le charbon.

Le gouvernement australien, sous l’impulsion du premier ministre travailliste Anthony Albanese, a dévoilé en 2024 un plan d’investissement très ambitieux en faveur des énergies renouvelables, inspiré de l’IRA américain. 

  • L’objectif est de réindustrialiser le pays et d’attirer des capitaux privés grâce à un programme de subventions et de crédits fiscaux
  • Parmi les projets emblématiques figure celui d’une méga-centrale à plusieurs milliards de dollars, imaginée par la société Sun Cable. Avec ses 12 000 hectares de panneaux solaires et batteries, « la plus grosse ferme solaire du monde » pourrait produire jusqu’à 4 GW d’électricité et alimenter 3 millions de foyers, mais aussi exporter jusqu’à 2 GW supplémentaires en direction de Singapour, via un câble sous-marin de 4 300 kilomètres ! 

Région MENA : quelle place pour le solaire dans les pays pétroliers ?

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) abrite d’immenses réserves d’hydrocarbures mais dispose aussi de l’un des plus hauts taux d’irradiation solaire au monde. Si la région a bien compris l’urgence d’investir dans les énergies vertes, cette transition comporte des défis spécifiques. 

  • Dans les pays exportateurs, les revenus pétroliers et gaziers constituent une part significative des économies locales. Leur diminution progressive soulève d’importants défis géopolitiques, économiques et sociaux, car elle implique une restructuration profonde des économies nationales et un risque de perte d’influence sur la scène internationale. 
  • La suppression des subventions aux combustibles fossiles représente un obstacle majeur, car elles maintiennent artificiellement bas les prix de l’énergie et sont profondément ancrées dans le contrat social de nombreux pays. Certains États du Golfe ont amorcé des réformes en mettant en place des mécanismes de compensation financière, mais pour d’autres, la transition reste délicate.

Sous l’impulsion de pays comme le Maroc, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, les investissements dans les énergies renouvelables se sont accélérés. Le solaire photovoltaïque représente 85% des nouvelles capacités installées, et la part de la région MENA dans la capacité solaire mondiale devrait tripler d’ici 2030. Elle devrait atteindre 180 GW de capacité installée, d’après certaines estimations.

  • Les Émirats arabes unis disposent du plus grand nombre d’installations et de projets photovoltaïques en cours. Après avoir adopté une législation favorable aux EnR en 2022, l’objectif ENR dans le mix énergétique a été porté à 60% d’ici 2035. 
  • Le Maroc fait également figure de leader régional. Il est le 5ᵉ producteur d’électricité solaire de la région MENA, avec un objectif de 52% d’ENR dans sa capacité installée d’ici 2030. Le pays projette actuellement la construction d’une gigantesque centrale solaire  de 2 GWc dans le Sahara.

Malgré ces avancées, le déficit d’investissement dans l’énergie durable en région MENA reste l’un des plus importants après l’Afrique subsaharienne. La contribution des institutions multilatérales et des grandes banques mondiales est essentielle pour :

  • Faciliter l’accès au financement.
  • Accompagner les réformes réglementaires.
  • Encourager la concurrence et l’ouverture des marchés de l’énergie.

L’avenir énergétique de la région dépendra de sa capacité à réduire sa dépendance aux hydrocarbures, réformer ses structures économiques et mettre en place un cadre attractif pour les investissements privés. Si cette transition est bien menée, la région MENA pourrait devenir un leader mondial des énergies renouvelables, tout en assurant sa stabilité économique et sociale.

Afrique subsaharienne : le solaire décentralisé

Du côté de l’Afrique, la situation est très différente. 

L’Afrique subsaharienne ne représente aujourd’hui qu’une infime partie (moins de 1 %) des capacités solaires mondiales. Le besoin est pourtant pressant : environ 600 millions d’habitants (sur 1,3 milliard) n’ont toujours pas accès à l’électricité.

  • En 2024, alors que les financements mondiaux pour la transition verte ont atteint 40 milliards de dollars, le continent africain n’a capté que 3 % de ces investissements. 
  • Ce retard s’explique par des infrastructures limitées, des taux d’intérêt prohibitifs, une forte volatilité des devises, des crises politiques et économiques récurrentes et un manque de cadres réglementaires.

Pour accélérer la transition énergétique, il est impératif d’attirer les capitaux privés et d’adapter les mécanismes de financement aux réalités locales.

Face aux défis logistiques et économiques liés à l’extension des réseaux nationaux, le solaire off-grid apparaît désormais comme une solution incontournable pour répondre aux besoins des populations et des entreprises. 

  • Les mini-réseaux et les systèmes Plug & Play, peu coûteux et rapidement déployables, permettent d’alimenter des zones rurales isolées.  
  • Ces solutions sont particulièrement pertinentes dans des pays comme le Kenya, où 40% du territoire n’est pas couvert par le réseau et où plus de 25% de la population bénéficie déjà de solutions solaires off-grid

Bien que plusieurs pays, comme le Ghana, le Burkina Faso, le Nigeria, la Zambie, l’Angola, la Côte d’Ivoire et la Gambie, développent des projets photovoltaïques, la majorité de la capacité installée reste concentrée en Afrique du Sud. L’initiative Mission 300, portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.

Conclusion

Le solaire photovoltaïque est appelé à jouer un rôle majeur dans l’avenir énergétique mondial. L’expansion des capacités installées est une première étape, mais la transition vers les énergies renouvelables présente des enjeux multiples. Pour que l’énergie solaire atteigne son plein potentiel, il est nécessaire de surmonter de nombreux défis spécifiques à chaque région du monde. Pour réussir leur transition énergétique, les pays devront répondre à ces défis au cours des prochaines années. 

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